| Collège Allem Mansour |
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@Sétif Algérie |
POEMES SUR LE THEME DE LA MER
Une
vague désespérée a le mal de mer. Le petit soleil du matin lui souffle quelques
mots d’eau douce, quelques bises marines.
La vague ne vogue plus,
La vague est étendue,
La vague est fatiguée
Ne veut plus se mouiller.

Un brin de soleil
Tout ébouriffé,
Encore dans la lune,
Se lève à tâtons
Et sans se presser
Ouvre l’horizon.
Un brin de soleil,
Un soleil levant,
Réveille la vague
Qui rêvait de vent,
Quand le goéland
Et le vieux rocher,
L’étoile de mer,
Le crabe caché,
Récitent la plage
Et ses cocotiers.
HOMERE

Homère a le cafard
- Oh ! Mince !
- Homère le homard
En pince
Pour Antigone
Une anémone
BERNARD L’ERMITE
A marée basse ?
Bernard l’ermite
Parfois invite
A boir’ la tasse,
Dans un vieux gîte,
Des crustacés
Mal élevés :
La langoustine
Fait grise mine
Et la crevette,
C’est le bouquet,
A le hoquet.
LE REDOUTABLE
A moi les bigorneaux !
La mer monte à l’assaut !
Prenez les pelles,
Je prends le sceau.
Voilà la belle !
Taïaut !
Gare-toi Océan
Ou je montre les dents !
Car je suis le croqueur,
Je suis le Crève-cœur,
Le seigneur
Redoutable
D’un château de sable.
TETE EN L’AIR
L’étoile d’atmosphère,
Une étoile un peu fière,
Dans le miroir de l’eau
Admire son tableau
Par-dessus un nuage
Voudrait voir davantage
Et se penche un peu trop
Vers les flots
C’est la fin, elle chute,
Tombe sans parachute,
Devient en un éclair
Une étoile de mer
Entre deux eaux
Un poisson volant entre ciel et mer
Ne savait que faire :
Etre oiseau de l’eau
Ou poisson du vent.
Il choisit enfin d’être mammifère.
Mais arrivé sur terre,
Le pauvre manqua d’air.
Après tant d’efforts
Pour être un peu mieux,
Il comprit alors
Qu’en bravant d’en haut les flots coléreux
Il avait trouvé un juste milieu.

REQUIN-CHAGRIN
Le requin-chagrin
Ne dit jamais rien
Et bien malgré lui,
Comme un vieux bandit,
Sourit méchamment
A tous les passants.
Maudit, ce requin
Se fait du souci.
Il voudrait un jour
Connaître l’amour,
Mordre à belles dents
La vie tout le temps.
Triste au fond de lui,
Le requin-chagrin
Ne mange plus rien.
Il glisse sans bruit
Dans l’eau de la nuit ;
Il part comme un trait
Et puis disparaît
ADIEU SAVON
Le petit bateau
Du grand lavabo
Largue les amarres.
Adieu savon !
Adieu baignoire !
Le capitain’ Dragon,
Un fier garçon,
Part
Pour les Baléares
En avion !
Le petit bateau
Du beau lavabo
Quitte les courants
Des grands bains moussants
Adieu gants de toilette !
Et vive les tempêtes !
QUI S’Y FROTTE S’Y PIQUE
Le grand cachalot blanc
N’aime pas les romans
Car il pense très fort
Que, lorsqu’on les dévore,
On finit un beau jour
Par crier « au secours »
En tombant – que c’est bête-
Sur une grosse arête,
Un drôle de hameçon
En forme de harpon.
LES GROS MAUX
Le vétérinaire
Est très en colère
Il a sur les bras
Beaucoup trop de cas.
A ses amis
Il confie
« Le poisson-chat
Ne miaule pas.
Le poisson-clown,
C’est bien curieux,
Fait son sérieux.
Le requin-marteau,
Vraiment quel ballot,
A perdu la tête
Pour une roussette.
Et le poisson-scie,
Mon plus gros souci,
Ca me rend nerveux,
Coupe les cheveux
En deux ! »
JOUR DE FÊTE
C’est parti, c’est la fête !
C’est un jour de tempête !
Les vagues font la course
Jusqu’au rocher de l’Ours
Un peu grognon !
Au-dessus, en breton,
Les goélands d’argent,
Bien assis dans le vent,
Annoncent les vainqueurs
Aux spectateurs.
Et couverts de bravos,
Les rouleaux
Passent les hauts remparts
En fanfare !
HUE !
Dans une cavité
Très, très mal fréquentée,
Un congre incongru
Se met à l’affût.
Bibelot
Sous l’eau,
L’hippocampe
Décampe
Au galop !
DIVA
Sous la banquise
Ou elle est prise,
Pour la dernière fois,
La Diva,
Une baleine bleue,
Donne comme un adieu
Un concert fabuleux.
Mystère aigu,
Mots
inconnus,
Bulles de sons
A
l’unisson.
Ondes qui lavent
Et notes
graves
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Vont en surface
Toucher
la glace.
Et la banquise
Soudain se brise
Sous l’effet chaleureux
Du chant volumineux
De la baleine bleue !
LA MER A BOIRE
La vague est réveillée,
Le jour ensoleillé
A fini sa chanson
Du pays des poissons.
Et comme dans son rêve
La vague se soulève
Et plonge
Et songe,
Dans un long flux d’espoir,
Que tout n’est pas perdu,
Que ce n’est plus
La mer à boire.

Après ce bain de soleil…la vague regonflée embrasse l’horizon,…se jette à l’eau et met les voiles.
[La mer à boire, poèmes bateaux et autres, poèmes d ‘Eric Dauzon]